Pourquoi vous ne percerez jamais (et comment y remédier) 2/2

Salle vide spectacle

Salut ! Alors comme ça, vous n’avez toujours pas à réussi à percer ? Consolez-vous : vous n’êtes pas tout seul à lire cet article.

Mais sinon, j’espère que vous allez bien !

Si vous composez à l’aide de logiciels comme Cubase, Ableton Live ou Pro Tools, alors vous devez très certainement perdre BEAUCOUP de temps dans les configurations du séquenceur pour sortir un son correct. Et vous devez régulièrement vous demander comment il est possible de s’affranchir de tout ces problèmes pour enfin être tranquille quand vous êtes inspiré et comment rester créatif dans ces moments-là !

Alors, comment ils font ces grands artistes pour produire 4, 5 ou même 6 albums par an ?  Là, je pense à Hans Zimmer, Alexandre Desplat ou Venetian Snares pour ne citer qu’eux. Est-ce que ce véritable marathon n’est accessible qu’aux fous furieux insomniaques ? Comment on peut faire pareil ? Voire mieux ?

Je vais vous donner un exemple très concret : j’ai mis 3 jours pour composer ma dernière compo. De l’idée initiale au mastering final en passant par l’écriture et le mix. Tout le processus en 3 jours. En moins de 20h de travail effectif. Pourtant je suis un petit compositeur comme beaucoup d’autres. Je m’en rends compte, là au moment où je vous écris, mais ça veut dire que cette méthode de création pourrait avoir un potentiel de 10 compos pour 30 jours. Soit 1 album LP par mois tout seul pour tout faire !

Et même si vous êtes trop occupé pour composer à plein temps, même si vous composez pour le plaisir, je vous invite à lire la suite, vous trouverez des solutions pour composer vite et tranquillement !

Dans ce billet, vous découvrirez :

  • comment avoir une attitude véritablement pro en optimisant votre temps à l’avance.
  • 5 astuces pour améliorer sensiblement votre productivité.
  • 1 technique toute simple qui vous encourage à jouer de votre instrument plus souvent qu’auparavant
  • et la méthode incontournable pour retrouver rapidement vos anciennes idées musicales

Jusque là, dans la partie 1, je vous ai parlé des bases du workflow. Là on entre dans le cœur de l’optimisation pour les compositeurs. Voici…

 

Les 5 causes pour lesquelles vous êtes encore lent (et leurs remèdes)

Si vous vous souvenez bien, dans le premier article je vous avais parlé d’automatiser les tâches au maximum. Ici, on va voir comment faire concrètement.


Votre espace de création devrait ressembler à ça !

 

Avouez que ce serait génial si quand vous vous réveillez vous n’aviez plus qu’a choper votre guitare ou votre synthé et jouer le truc qui trottait dans votre tête cette nuit ! Einstein fait cuire ses œufs dans la soupe pour ne pas avoir deux casseroles à laver, et il mettait des sandalettes pour ne pas laver les chaussettes ! Je l’ai déjà dis dans la première partie, mais libérez vous l’esprit des tâches inutiles. C’est primordial.

L’astuce, c’est de réviser tout votre processus de création. Et de réfléchir à un max de solution pour automatiser les tâches.

Alors voilà ces 5 causes et leurs solutions :

 

1. Vous ne sortez pas tous vos instruments de leur housse

Et vous ne les branchez pas ! Franchement… Ça doit être du plug n’ play. Voici l’idéal : votre guitare électrique est rangée sur un support mural pour ne pas avoir à la sortir de sa housse. Vous laissez la sangle attachée dessus et elle reste branchée sur votre carte son en permanence. Votre médiator préféré est coincé dans la tête de la guitare. Vous n’utilisez que des effets et des ampli numériques pour ne pas avoir à les mettre en marche. Votre casque audio est déjà plugé, le micro est sur son pied prêt à l’emploi. Votre clavier MIDI est aussi branché en permanence sur l’ordi. Le djembé est à portée, également sans housse (en plus ça fait de la déco). Et même le kazoo que votre copine vous a offert est sur une étagère à portée de main !

En gros, tout ce qu’il doit vous rester à faire c’est appuyer sur ON et jouer direct avec un son qui déchire ! Plus vous pouvez attraper votre instrument facilement, plus vous en jouez. Plus vous en jouez, plus vous produisez des idées potentielles !

And that’s the secret, dude ! Tant pis pour l’aspect “pas rangé” du studio !

 

2. Vous ne faites pas de racks d’effets pour vos instruments les plus communs

Faites-vous des templates pour vos instruments habituels. Voix, Guitare, basse, percu, … Passez un après-midi entier s’il le faut à penser et construire vos racks pour ne plus avoir a en parler plus tard. C’est aussi très pratique lorsque vous avez des instruments physiques (non-virtuels).

Rack-d'effet-Clem-disto-guitare

Capture d’écran de mon rack de base pour guitare électrique : compresseur, noise gate, l’ampli (2 en fait, pour booster le son et le rendre stéréo), et une EQ.

La bonne astuce : Vous devriez utiliser un maximum d’effets natifs de votre séquenceur, c’est l’idéal pour la compatibilité et l’économie des ressources de votre ordi. Même si ce ne sont pas les effets les plus aboutis, ce n’est pas grave : vous pourrez toujours retaper ça lors du mix. Le plus important c’est d’avoir ces racks à portée de clic, et y accéder aussi vite que votre icône internet !

 

3. Vous ne créez pas vos propres sessions vierges dans votre séquenceur

C’est assez important de créer des sessions vierges. Ça vous évite un tas de manipulations répétitives (comme ajouter des pistes, ajouter les instruments virtuels, les banques sons, créer le routage, les groupes, la nomenclature, les couleurs, etc, etc, etc…). Si vous pouvez avoir un espace de travail directement fonctionnel, c’est quand même plus cool (cf : la vidéo au dessus) !

Donc, créez les vôtres ! Avec vos propres plugins, effets, instruments, etc. N’essayez pas de mettre tout ce qui serait possible de caser. Chaque compo est différente. Tâchez plutôt d’utiliser les pistes et les instruments récurrents dans vos projets. Si vous en mettez trop, vous devrez systématiquement supprimer des pistes. C’est contre-productif !

Voici des exemples de session “par défaut” qui fonctionnent pas mal :

  • Session pour la composition MAO (ma config perso) : 1 piste de resampling + 1 piste audio routée vers ma guitare + 1 piste midi avec Kontakt + 1 piste midi avec Absynth (mon synthé couteau-suisse) + 1 piste retour avec une reverb + 1 piste retour avec un delay + 1 piste master
  • Session pour la composition pour un groupe : Par exemple, 1 piste de resampling + 1 piste micro + 2 pistes guitare + 1 piste basse + 1 piste midi avec EZDrummer + 1 piste retour + 1 piste master
  • Session pour l’orchestration des cordes : Piste resampling + Violons I + Violons II + Altos + Violoncelles + Contrebasses, c’est la base… Ca dépend de votre banque son surtout. Vous pouvez aussi diviser selon le type de jeu : Violons I legato + Violons I pizz + Violons I staccato + Violons II legato + Violons II pizz + Violons II staccato + etc. C’est dans ce genre typique de configuration, où les pistes poussent comme des boutons sur la tronche d’un ado. Et votre RAM et CPU en prennent pour leur grade ! Et c’est tout l’intérêt de la piste de resampling, vous pourrez y enregistrer votre avancée et bypasser les pistes les plus gourmandes en ressources.
  • Session pour le mixage : bossez avec des stems, remplissez les effets insert avec des effets utilisés très couramment (gate/comp/limiteur, EQ, …), faites 2 ou 3 pistes de retour (verb, delay, …)
  • Et sur la piste master ? 1 analyseur spectral, 1 limiteur pour protéger vos enceintes, 1 loudness meter, et votre EQ pour la correction acoustique de votre salle. C’est important de créer cette piste master sur tout vos projets. Mais n’oubliez pas de désactiver votre EQ de correction acoustique quand vous exportez votre travail.

 

4. Vous ne personnalisez pas vos presets d’effets

Pour les nuls : les presets ce sont littéralement des pré-réglages. Il s’agit de configurations déjà définis pour faciliter la manipulation des outils audio. En l’occurrence, je parle des presets pour les effets VST ou RTAS. C’est à dire les effets numériques pour les logiciels audio.

Étant donné que les effets les plus communs sont utilisés dans beaucoup beaucoup de cas, leurs concepteurs proposent des presets passe-partout. Et souvent ils sont inadaptés aux besoins et ils nécessitent d’être retouchés systématiquement. Créez donc vos propres presets pour ces effets. Notamment pour :

  • L’égalisation pour la correction acoustique de vos différents environnements. Par exemple, définissez un preset pour votre home-studio et un autre pour votre salle de répétition.
  • Votre simulateur d’ampli, pour avoir le son idéal directement. Créez-en autant qu’il vous en faut habituellement
  • Et les types de reverb et de delay que vous utilisez le plus. Pour ne pas avoir a les re-régler à chaque fois. Même si ces effets seront changés lors du mix, c’est toujours plus agréable de travailler directement avec des rendus un peu plus chiadés.

Étant donné que ces réglages sont personnels, il est inutile de vous en proposer. Partez des réglages d’usine des concepteurs pour créer les vôtres.

La bonne astuce : réutilisez aussi les réglages des effets de vos instruments habituels. Vous aurez normalement définis ces réglages au moment de concevoir les racks, comme suggéré plus haut.

 

5. Et en plus, vous ne définissez pas les réglages par défaut intelligemment. (Bravo!)

Vous avez sans doute remarqué, mais la plupart des effets sont mal réglés par défaut. Ou, du moins, ils ne sont pas réglés comme on le voudrait.

Comme précédemment, ces réglages vous sont personnels. Créez les vôtres selon vos besoins habituels.

La bonne astuce : vous pouvez aussi optimiser la session par défaut de votre séquenceur. Ajoutez-y vos indispensables, retirez-y l’inutile.

 

Votre mère vous l’avait dit… Rangez vos affaires !

Au fur et à mesure des projets, vous expérimentez des riffs, des sonorités, des ambiances, des beats, des grilles d’accords et tout un tas d’autres éléments musicaux. La plupart resteront inexploités. En fait, c’est de l’excellente matière brute à retravailler ensuite. Et c’est aussi une banque d’idée personnelle et donc unique. Ce serait dommage de perdre une pépite comme ça !

Sauvegardez-tout et organisez ça intelligemment. C’est toujours utile de retrouver tout ces trucs. C’est excellent à la fois pour avoir une vision claire et globale de votre travail et à la fois pour retrouver vos idées au moment où il vous les faut à nouveau !

exemple-d'arborescence

Exemple d’une arborescence qui marche

Pour avoir essayé plusieurs solutions, j’ai personnellement adopté une arborescence qui classe les fichiers “one shot” comme sur l’image ci-contre. C’est la plus pratique. Voici aussi une nomenclature efficace pour les fichiers musicaux (autres que les one shots) : Genre_TypeDeSon+NumeroPourClasser_Tempo_TonalitéOuSignature.wav

Par exemple,

  • DeathMetal_Tapping04_140_Am.gp6
  • JazzSmoothy_Grille12_105_C#.jpg
  • ou même DnB_Beat07_153_4-4.wav

Et ça marche pour tout ! L’idéal c’est de tout regrouper dans cette arborescence (que vous aurez copié sur un disque dur externe, évidemment). Vos idées peuvent être un enregistrement sur votre téléphone, une feuille scannée, des ébauches de Guitar Pro ou Finale, une vidéo d’une impro faite à l’arrache, un mémo d’un concept qui vous plaisait, une prise de note…

Enregistrez toutes vos expériences sonores, impros, riffs, compos pas fini, … Surtout ne jetez rien !

 

Débroussaillez votre espace de travail

Le but, c’est d’avoir un environnement agréable et épuré. Vous bosserez plus longtemps et vous ne serez pas envahi. Si vous composez à deux sur une seule musique, c’est tout simplement indispensable !

  • Nommer chaque pistes dans les sessions avec une nomenclature minimaliste. C’est un peu moins pratique à lire mais ça va économiser un peu d’espace visuel sur votre séquenceur. Par exemple, plutôt que d’utiliser le nom de piste Guitare Electrique Gauche choisissez plutôt e-Gt_L, ou plutôt que Voix Homme Chœur 3 choisissez Vx-H_Back3. C’est particulièrement indispensable sur Pro Tools.
  • Consolider/Grouper les clips de temps en temps dans la piste pour nettoyer la vue.
  • Utilisez un bon code couleur pour les groupes de pistes (jaune pour la basse, rouge pour la guitare, marron pour les cordes, gris pour le piano, Jaune-organe pour les cuivres, bleu ciel pour les vents, etc. etc.) Si vous utilisez un code couleur qui a du sens, ça sera encore plus facile de vous y retrouver !
  • N’hésitez pas à utiliser la fonction rechercher dans Mac ou Windows et celle de Pro Tools aussi.

 

Pour aller plus loin

Attention au problème inverse : ne passez pas trop de temps à pré-configurer tout. Si cette étape s’avère indispensable pour gagner quelques minutes un peu partout dans chaque projet (soit des heures, au cumul), aller trop loin ne sert à rien. Gardez en mémoire que l’objectif c’est l’efficacité !

Je peux aussi vous envoyez tout de suite des techniques et astuces en privé pour approfondir le sujet de l’efficacité. C’est simple, tout ce que vous avez à faire c’est d’écrire votre prénom et votre adresse email dans les champs juste en dessous. Vous pourrez discuter avec moi et aussi me poser quelques questions, je vous y répondrais avec plaisir !

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