Composer sans solfège et sans théorie musicale : 😬🔫 ou 💪 ?

Est-il possible de composer une musique qui sonne juste sans solfège ? de composer sans savoir lire et écrire la musique ? de composer sans les règles d’harmonie ?
L’article sur le Tonnetz

Transcription de la vidéo

  • Peut-on composer sans solfège et sans théorie musicale ?
  • Est-il possible de passer à côté des règles théoriques du processus de création ?
  • Est-il possible de composer sans savoir lire et écrire la musique ?
  • Est-il possible de composer sans les règles d’armures ?

Alors, aujourd’hui je vais répondre à une question de Nata Slaleb, qui nous vient de Manosque dans le Sud de la France, et il m’écrit :

J’aimerais composer, improviser de la musique qui sonne juste, sans solfège, comment faire ? Et comment combiner la composition avec un autre domaine, comme par exemple Iannis Xenakis, qui a utilisé des mathématiques pour composer ?

Alors, en fait pour moi, essayer de composer de la musique sans solfège c’est comme essayer de faire de la poésie sans savoir lire et écrire.

En soi c’est possible, mais c’est plus que fastidieux, et surtout très casse-gueule.

Alors, bien sûr, certains mouvements artistiques, comme la musique acousmatique, comme la musique stochastique, comme le paysage sonore, la musique bruitiste, etc., tout ça, ça ne demande pas forcément de solfège, mais ça nécessite de connaître quand même certaines règles musicales.

Je pense au solfège de l’objet sonore de Pierre Schaeffer par exemple, qui est en fait une espèce de théorisation du timbre, et non pas de la hauteur, de tout ce qui fait le solfège.

C’est une espèce de solfège hors théorie musicale pure.

C’est de la théorisation du timbre sonore.

Donc, même si tu composes en dehors du cadre de la musique consonante, tu as besoin de connaître au moins certaines règles.

Pourquoi ? Parce que fondamentalement, composer une musique se résume à 2 phases :

  • la sélection, et
  • la décision.

C’est-à-dire, la sélection c’est choisir a priori ou volontairement sans a priori, un élément musical selon une certaine expérience et une certaine connaissance de ce qui pourrait bien sonner selon ton expérience à toi en fait.

Tout notre apprentissage théorique se situe ici, et c’est là aussi que cet apprentissage théorique peut interférer avec notre créativité, en nous cloisonnant à ces propres règles théoriques; donc il faut bien jongler avec ça sans détacher, mais quand même les apprendre pour pouvoir bien sélectionner l’élément musical qui pourrait bien sonner pour nous.

Ensuite, après la sélection vient le moment de décision, c’est-à-dire décider si l’élément musical qu’on a choisi nous plait ou pas, et si on la garde ou pas.

C’est-à-dire que c’est là que se situe le développement de l’oreille.

Dans cette phase, on est réellement en train de juger, en fait, on est juge, on juge si ce qu’on vient de créer ça nous plait ou ça ne nous plait pas ; basiquement c’est aussi simple que ça.

Et puis, c’est aussi dans cette phase qu’on se crée sa propre théorie musicale, c’est-à-dire que cette note suivie de cette note-ci, elle ne va pas sonner bien dans cette gamme, ou bien ce timbre-là + cet autre timbre-là ils se marient super bien et ça sonne super bien ensemble, etc., ce genre de choses. On se crée nos propres vérités à force d’expérience et à force de décision, et on juge vraiment ce qu’on vient de créer.

Donc, vraiment ce sont fondamentalement les deux phases de la création musicale : la sélection et la décision.

Et puis, on va répéter en fait ces phases jusqu’à ce qu’on juge que notre musique qu’on a créée devienne comme étant complète quelque part, ou qu’elles se suffisent à elles-mêmes, jusqu’à ce qu’on en soit satisfait.

Donc, en fait, les règles théoriques font partie intégrante du processus de création, qu’elles soient apprises ou qu’elles soient découvertes.

Alors, tu parlais de Iannis Xenakis qui compose avec les maths.

Alors, Iannis Xenakis a créé ses propres règles théoriques en fait, selon des formules mathématiques qu’il a lui-même développées et sa musique respecte ces règles-là. J’ai écouté sa composition métastatique et bien qu’elle soit superbe, elle ne se préoccupe pas du tout d’être juste, ou d’être en tout cas dans le sens consonant.

Donc, ce n’est pas question de solfège, mais c’est quand même question de théorie musicale.

Le problème c’est que justement, le solfège et l’harmonie, c’est ça qui te donne les clés pour composer de la musique consonante.

Donc, si tu veux composer de la musique juste, tu dois connaître les règles de l’harmonie classique qui ont été réfléchies pour aller dans ce sens de la justesse de la consonance.

Alors après, moi, je connais un truc pour trouver des enchaînements d’accord qui puissent sonner avec plus ou moins de consonance sans connaître le solfège. Ce n’est pas une recette miracle, mais ça peut quand même aider.

C’est le tonnetz, en fait. C’est un réseau de notes, une représentation graphique qui montre les liaisons tonales et harmoniques entre les notes. C’est un genre de cycle de quinte en 3D quelque part. Je vais surement t’afficher une image quelque part dans la vidéo pour te montrer ça.

Et sur cette image qui est en fait une espèce de tonnetz, c’est un tord où tu peux voir un cycle de quintes reliées par la ligne bleue, un cycle de tierces majeures reliées par une ligne rouge et un cycle de tierces mineures reliées par une ligne verte.

Et en fait, chaque point de ce tonnetz, qu’on dit néorimanien, ça peut être vu en tant que note, et là en fait on a à chaque fois un réseau d’accords, parce que si tu groupes certaines notes entre elles, tu peux dégager un accord et connecter les accords entre eux en fonction de leur emplacement dans la grille. Un triangle étant en fait un accord parfait et mineur ou majeur. On remarque du coup que les accords qui partagent une ou plusieurs notes, ils sont très, très proches les uns des autres ces accords-là, et de ce fait, ils suggèrent une consonance entre eux puisqu’ils partagent des notes communes.

Alors, bien que le tonnetz ne remplace évidemment pas l’étude de l’harmonie, il présente quand même un autre aspect de cette harmonie. C’est en quelque sorte une autre carte, un autre point de vue de l’harmonie.

Du coup, moi j’ai conçu un pdf à imprimer, inspiré d’une image de Wikipédia, qui présente le tonnetz 3D à plat.

Ce qui est intéressant c’est qu’on peut y griffonner ce qu’on veut dessus : on peut colorer les accords d’une gamme précise et voir précisément les relations harmoniques qu’il y a entre les degrés, par exemple, tu peux y créer ton propre enchaînement d’accords en fonction de faire une espèce de petit voyage dans cette grille.

Bref, c’est un outil alternatif à la théorie musicale, qui ne le remplace absolument pas.

Donc, moi, je peux t’envoyer ce tonnetz à imprimer avec des explications concrètes sur comment on utilise ce tonnetz, comment tu peux l’utiliser au mieux.

Pour ça, il suffit simplement de cliquer sur un lien qu’il va y avoir dans la description ou bien sur le « i », comme « info », si tu es sur YouTube, et ça va t’emmener sur un article de blog que j’ai écrit, et tout en bas de cet article tu vas avoir un formulaire de contact pour que je puisse t’envoyer ce fichier et les conseils par email.

Donc, pas de problème, c’est entièrement gratuit, il n’y a rien de malsain derrière tout ça, tu me demandes les conseils et le truc, moi je te l’envoie, il n’y a aucun souci.

Donc voilà, clique sur le lien dans la description ou sur le petit « i », comme « info », dans YouTube pour recevoir les conseils et la grille du tonnetz.

Donc, c’est un métier assez génial en fait, même si tu connais le solfège, même si tu connais la théorie, parce qu’en fait ça te donne un autre point de vue sur l’harmonie, c’est très complémentaire.

Donc, va voir ça, et puis merci d’avoir regardé cette vidéo, nous on se retrouve samedi pour la prochaine vidéo, et à samedi.

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